Le choix entre auto-entrepreneur et EURL est un des arbitrages les plus structurants pour un convoyeur indépendant. Un mauvais choix coûte plusieurs milliers d'euros par an, dans un sens comme dans l'autre. Voici le comparatif complet auto-entrepreneur vs EURL pour un convoyeur, avec les chiffres 2026, les bascules réelles et les cas où chaque statut prend l'avantage.
Les deux statuts en version courte
L'auto-entreprise est le régime simplifié par défaut pour lancer une activité indépendante. Un formulaire en ligne, pas de capital à constituer, pas de comptabilité complexe, une déclaration mensuelle ou trimestrielle à l'URSSAF. En contrepartie, un plafond de chiffre d'affaires à 77 700 euros par an sur les prestations de services, et aucune déduction des frais réels.
L'EURL est une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée. Une vraie société, avec capital social, statuts, gérance, comptabilité d'engagement, bilan annuel. Pas de plafond de chiffre d'affaires, déduction intégrale des frais réels, mais administration plus lourde et coût fixe d'expert-comptable.
Les chiffres clés 2026 qu'il faut avoir en tête
- Plafond auto-entrepreneur prestations de services. 77 700 euros de CA annuel.
- Seuil de franchise TVA. 37 500 euros de CA, 41 250 euros en tolérance.
- Taux de cotisations URSSAF auto-entrepreneur BIC services. 21,2 pour cent du CA encaissé.
- Abattement forfaitaire micro pour l'impôt. 50 pour cent sur les prestations de services.
- Versement libératoire auto-entrepreneur. 1,7 pour cent du CA en plus des 21,2 pour cent URSSAF.
- Cotisations sociales gérant EURL au régime TNS. Environ 40 à 45 pour cent du bénéfice distribué.
- Impôt sur les sociétés EURL. 15 pour cent jusqu'à 42 500 euros de bénéfice, 25 pour cent au-delà.
Comparatif point par point
Simplicité administrative
Auto-entrepreneur, un formulaire de création en ligne, une déclaration mensuelle URSSAF de 5 minutes. Pas besoin d'expert-comptable. EURL, des statuts à rédiger, un capital social à déposer, une comptabilité d'engagement, un bilan annuel, un expert-comptable quasi obligatoire à 1 500 à 2 500 euros par an.
Seuils et plafonds
Auto-entrepreneur plafonné à 77 700 euros de CA. Un convoyeur à 70 missions par mois à 105 euros en moyenne dépasse autour de la 10e année complète, plus vite s'il monte en gamme. EURL sans plafond, adapté aux convoyeurs qui visent 80 000 euros et plus de CA annuel.
Déduction des frais réels
Point central pour un convoyeur. En micro-entreprise, un abattement forfaitaire de 50 pour cent est appliqué, peu importe les frais réels. En EURL, tout se déduit, carburant à 1,85 euros le litre, péages à 0,10 euro du kilomètre classe 1, amortissement du véhicule, assurances, frais de bouche en déplacement, hébergement, téléphone, expert-comptable.
Pour un convoyeur qui roule beaucoup, les frais réels peuvent représenter 35 à 45 pour cent du CA. À partir de là, l'abattement forfaitaire micro de 50 pour cent est encore légèrement plus favorable. Au-delà de 45 pour cent de frais réels, l'EURL commence à reprendre l'avantage.
Cotisations sociales
Auto-entrepreneur, 21,2 pour cent du CA encaissé, prélevés à chaque déclaration. Simple et prévisible. EURL au régime TNS (travailleur non salarié), 40 à 45 pour cent du bénéfice effectivement distribué. En gardant une partie du bénéfice dans la société, la base de cotisations baisse et l'optimisation devient possible.
Fiscalité
Auto-entrepreneur, choix entre le versement libératoire à 1,7 pour cent du CA, qui solde tout, ou l'intégration au barème progressif après abattement forfaitaire. EURL, deux scénarios, soit impôt sur les sociétés, soit option IR pour les cinq premières années avec imposition directe au nom du dirigeant.
Protection sociale
Auto-entrepreneur, protection santé et retraite alignée sur le régime général des indépendants. Retraite proportionnelle au CA encaissé, plafonds plus bas qu'un salarié. EURL au TNS, même logique globale. Pour une meilleure protection sociale, la SASU serait une alternative, mais avec des cotisations plus lourdes.
Image professionnelle
Peu de différence réelle avec les donneurs d'ordre des plateformes de convoyage, qui ne regardent que la RC pro et les documents administratifs. Sur le marché B2B direct (démarchage de concessions hors plateformes), une société donne parfois plus de crédibilité.
Cas pratique, un convoyeur à 50 000 euros de CA
Scenario auto-entrepreneur
- CA : 50 000 euros
- URSSAF : 50 000 x 21,2 pour cent = 10 600 euros
- Versement libératoire : 50 000 x 1,7 pour cent = 850 euros
- CFE estimative : 300 euros
- Frais réels supportés (non déductibles) : 17 500 euros estimés (carburant, péages, entretien)
- Net disponible : 50 000 - 10 600 - 850 - 300 - 17 500 = 20 750 euros
Scenario EURL à l'IS
- CA : 50 000 euros
- Frais réels déductibles : 17 500 euros
- Rémunération gérant : 20 000 euros bruts
- Cotisations TNS sur rémunération : 20 000 x 42 pour cent = 8 400 euros
- Bénéfice société avant IS : 50 000 - 17 500 - 20 000 - 8 400 - 2 000 (expert-comptable) = 2 100 euros
- IS 15 pour cent : 315 euros
- Impôt sur revenu sur 20 000 de rémunération (estimation) : environ 1 500 euros selon situation familiale
- Net disponible : 20 000 - 1 500 + bénéfice disponible non distribué = autour de 20 200 euros
À 50 000 euros de CA, les deux statuts sont très proches, à quelques centaines d'euros près. L'EURL devient vraiment rentable quand le CA monte au-dessus de 70 000 euros ou quand les frais réels dépassent 45 pour cent.
Cas pratique, un convoyeur à 80 000 euros de CA
Au-dessus de 77 700 euros, l'auto-entreprise est dépassée. Les deux années suivantes sont tolérées, puis bascule obligatoire. À 80 000 euros de CA avec 35 000 euros de frais réels, l'EURL à l'IS permet un net disponible autour de 28 000 à 32 000 euros selon l'arbitrage salaire vs dividendes, contre un scénario micro qui serait déjà en zone interdite.
Pour simuler différents scénarios précis, voir notre calculateur fiscal convoyeur auto-entrepreneur et le simulateur de revenu convoyeur.
Quand rester en auto-entrepreneur
- CA inférieur à 60 000 euros par an, avec frais réels en dessous de 40 pour cent.
- Activité secondaire ou en parallèle d'un emploi salarié.
- Volonté de simplicité administrative maximale.
- Démarrage d'activité, première ou deuxième année.
Quand basculer en EURL
- CA qui s'approche ou dépasse 70 000 euros par an.
- Frais réels qui dépassent 45 pour cent du CA.
- Souhait de conserver du bénéfice dans la société pour investir ou amortir un véhicule pro.
- Activité B2B développée hors plateformes avec démarchage direct.
- Projection de croissance vers 100 000 euros ou plus.
FAQ
Peut-on cumuler auto-entreprise et EURL
Non pour la même activité. Un convoyeur ne peut pas être auto-entrepreneur et EURL sur le convoyage en parallèle. Il peut en revanche avoir une auto-entreprise sur une autre activité.
Quel délai pour basculer en EURL
Une création d'EURL prend 2 à 4 semaines entre la rédaction des statuts, le dépôt du capital et l'inscription au greffe. Prévoir un expert-comptable dès le démarrage.
La SASU est-elle une alternative
Oui, avec une meilleure protection sociale (régime général) mais des cotisations sociales plus élevées (environ 80 pour cent du salaire brut versé). Moins avantageuse qu'une EURL sur le net disponible pour un convoyeur en solo.
Que se passe-t-il si je dépasse le plafond auto-entrepreneur
Deux années de tolérance, puis bascule automatique en régime réel la 3e année. Mieux vaut anticiper et basculer en EURL ou en entreprise individuelle au réel.
Peut-on déduire son véhicule personnel en EURL
Oui, soit par l'amortissement si le véhicule est inscrit à l'actif, soit par les indemnités kilométriques si le véhicule reste personnel. L'expert-comptable oriente selon votre situation.
À retenir
- L'auto-entreprise est idéale pour démarrer et jusqu'à 60 000 euros de CA avec frais réels sous 40 pour cent.
- L'EURL prend l'avantage au-dessus de 70 000 euros de CA ou quand les frais réels dépassent 45 pour cent.
- Au-delà de 77 700 euros de CA annuel, la bascule devient obligatoire sous 3 ans.
- La simplicité administrative de la micro représente environ 1 500 à 2 500 euros par an d'économie d'expert-comptable.
- Le choix se recalcule chaque année, pas une bonne fois pour toutes au démarrage.
- Simuler avec un calculateur fiscal avant de basculer évite les mauvaises surprises.
Pour aller plus loin, voir notre guide fiscalité du convoyeur auto-entrepreneur, le guide TVA et convoyage et l'article calcul des frais professionnels du convoyeur. Pour projeter précisément votre net disponible selon votre CA, utilisez le calculateur fiscal convoyeur.