Une mission de convoyage affichée à 180 euros bruts peut finir à 42 euros nets dans votre poche. Une autre payée 110 euros peut rapporter 95 euros. Le brut affiché par la plateforme ne dit rien du gain réel. Voici la méthode complète pour calculer ce que vous gagnez vraiment sur chaque mission, poste par poste, avec trois exemples chiffrés.
Pourquoi le brut affiché est trompeur
Quand DriiveMe ou Hiflow vous propose une mission Paris vers Lyon à 110 euros, ce chiffre ne couvre pas vos péages, votre carburant, votre transit retour, votre repas, votre temps. Il ne couvre pas non plus l'URSSAF que vous paierez sur cette recette. La vraie question n'est jamais combien la mission paie, c'est combien il reste dans votre poche une fois tout déduit.
La plupart des convoyeurs qui débutent acceptent des missions sur le brut. Au bout de trois mois, ils découvrent qu'ils ont travaillé 180 heures pour gagner moins que le SMIC net. Le calcul du gain net mission par mission est la première compétence à acquérir.
Pour une vision plus large de la mécanique économique du métier, voir notre guide rentabilité du convoyage.
Les vrais coûts d'une mission, poste par poste
Les péages autoroutiers
Sur le réseau ASFA, un véhicule particulier classe 1 paie en moyenne 0,10 euro par kilomètre d'autoroute. Sur un Paris Lyon par l'A6, comptez 38 à 42 euros de péages. Sur un Paris Marseille par l'A6 puis l'A7, comptez 75 à 80 euros. Un utilitaire léger en classe 2 paie environ 50 pour cent de plus. Source officielle ASFA, barème actualisé chaque année.
Le carburant réel
Une berline diesel récente consomme 5,5 à 6 litres aux 100 km sur autoroute. À 1,75 euro le litre, cela donne 10,5 euros aux 100 km, soit environ 0,11 euro par kilomètre. Sur Paris Lyon (465 km), comptez 51 euros de gazole. Un utilitaire passe à 0,15 euro par kilomètre. Une voiture essence dépasse souvent 0,13 euro par kilomètre. Prix officiels sur prix-carburants.gouv.fr.
Le transit aller
Si la mission part d'une ville où vous n'êtes pas, vous prenez d'abord un train, un BlaBlaCar ou un Flixbus pour atteindre le point de départ. Un Caen Paris en TGV coûte 35 à 65 euros selon l'heure. Un Lyon Bordeaux en BlaBlaCar tourne autour de 30 euros. Ce transit doit être compté dans la mission, sinon vous travaillez à perte.
Le transit retour
Une fois la voiture livrée, il faut rentrer. Même question, train, BlaBlaCar ou avion low cost. Sur Paris Marseille, un avion low cost à 49 euros est souvent plus rentable qu'un TGV à 95 euros. Sur les axes courts, BlaBlaCar à 20 euros est imbattable. Quand on parle de retour à vide, on parle exactement de ce poste, le retour où vous ne convoyez aucune voiture et où vous dépensez sans encaisser.
Le repas et les frais courants
Un sandwich, un café, parfois un menu rapide. Comptez 12 à 18 euros par jour sur la route. Sur deux jours en multi-missions, on monte vite à 35 euros cumulés.
L'hôtel si multi-jours
Quand la mission impose une nuit sur place (livraison tardive, prise en charge le lendemain), un hôtel Ibis Budget ou B&B en périphérie tourne autour de 55 à 70 euros la nuit. Ces frais sont en théorie déductibles, mais ils sortent quand même de votre poche dans l'instant.
Le temps total à valoriser
Une mission Paris Lyon, c'est 4h30 de route, 30 minutes d'état des lieux à l'arrivée, 1h de transit pour rejoindre la gare, 2h30 de TGV retour, soit environ 8h30 mobilisées. Si vous valorisez votre heure à 18 euros (cible plancher d'un convoyeur indépendant), cela représente 153 euros de coût opportunité. Sans intégrer ce poste, vous sous-estimez ce que la mission vous coûte vraiment.
Trois exemples concrets calculés
Exemple 1, Paris Lyon DriiveMe avec retour à vide
- Brut affiché, 110 euros.
- Péages A6, 38 euros.
- Carburant, 51 euros.
- Transit aller (vous êtes déjà à Paris), 0 euro.
- Transit retour TGV Lyon Paris en deuxième classe, 55 euros.
- Repas, 14 euros.
- URSSAF provisionnée à 22 pour cent du brut (cas micro-BNC convoyeur), 24 euros.
- Gain net hors valorisation temps, 110 moins 38 moins 51 moins 0 moins 55 moins 14 moins 24 = négatif 72 euros.
La mission est déficitaire avant même de compter le temps passé. Beaucoup de débutants acceptent ce type de mission en croyant gagner 110 euros. En réalité, ils paient 72 euros pour aller à Lyon.
Exemple 2, Paris Lyon avec retour matché Hiflow à 95 euros
- Brut combiné, 110 + 95 = 205 euros.
- Péages aller retour, 76 euros.
- Carburant aller retour, 102 euros.
- Transit aller, 0 euro.
- Retour, 0 euro (matché, vous convoyez une autre voiture sur Lyon Paris).
- Repas sur la journée, 18 euros.
- URSSAF 22 pour cent, 45 euros.
- Gain net = 205 moins 76 moins 102 moins 0 moins 0 moins 18 moins 45 = négatif 36 euros.
Même avec un retour matché, la marge reste tendue sur Paris Lyon parce que le brut côté plateforme est trop bas. La leçon, ce n'est pas la distance qui paie, c'est la combinaison brut plus retour matché plus bon prix.
Exemple 3, Caen Marseille en deux jours avec matching
- Brut aller Caen Marseille, 280 euros (Hiflow).
- Brut retour Marseille Caen matché J+1, 240 euros (DriiveMe).
- Brut combiné, 520 euros.
- Péages aller retour Caen Marseille, 215 euros.
- Carburant aller retour 2x1080 km, 238 euros.
- Transit aller (vous partez de Caen), 0 euro.
- Retour matché, 0 euro.
- Hôtel Marseille B&B, 62 euros.
- Repas sur deux jours, 38 euros.
- URSSAF 22 pour cent du combiné, 114 euros.
- Gain net = 520 moins 215 moins 238 moins 0 moins 0 moins 62 moins 38 moins 114 = négatif 147 euros.
Ce profil de mission longue avec hôtel reste structurellement difficile à rentabiliser sur les seuls flux plateformes. La rentabilité du convoyage longue distance dépend d'au moins un des trois leviers, brut au-dessus du marché, retour matché à fort prix, ou enchaînement de plusieurs missions courtes sur le bassin de destination avant de rentrer.
Comment ConvoyMax calcule automatiquement le gain net
Le calcul ci-dessus prend cinq à dix minutes à la main par mission. Multiplié par 30 à 50 missions consultées dans la journée, c'est intenable. ConvoyMax fait ce calcul automatique pour chaque mission visible dans votre cockpit. Le brut affiché par la plateforme est complété par une estimation péages basée sur l'itinéraire ASFA réel, une estimation carburant basée sur prix-carburants.gouv.fr et le type de véhicule, une estimation du retour matché si un retour cross-plateforme est disponible, une estimation URSSAF selon votre régime, le tout converti en gain net affiché en gros à côté du brut.
Le tri par défaut du cockpit est gain net descendant. Vous voyez en premier les missions qui rapportent vraiment le plus, pas les missions qui affichent le plus gros brut. La différence sur un mois de pratique tourne autour de 600 à 900 euros nets en plus, à volume identique.
Pour une démo, voir comment ça marche en pratique. Pour les tarifs, voir la grille tarifaire ConvoyMax.
Les pièges courants qui ruinent le calcul
- Oublier l'URSSAF. Le réflexe naturel est de raisonner sur le brut hors charges. Provisionner 22 pour cent dès l'encaissement évite la mauvaise surprise du trimestre.
- Sous-estimer le transit retour. Un TGV à 95 euros pris à la dernière minute, c'est l'écart entre une mission rentable et une mission déficitaire.
- Ne pas valoriser son temps. Une mission qui paie pas mal sur 12 heures de mobilisation, ça reste un horaire à 9 euros, sous le SMIC.
- Comparer brut à brut entre plateformes. Une mission Hiflow à 95 euros bat souvent une mission DriiveMe à 110 euros sur le même trajet à cause du retour matché et du délai de paiement.
Conclusion
Le brut, c'est un argument marketing. Le gain net, c'est votre revenu. Le passage de l'un à l'autre tient en quatre lignes de calcul que ConvoyMax fait automatiquement pour vous sur chaque mission. Voir aussi notre guide fiscal du convoyeur pour comprendre l'impact de votre régime sur le gain final.
Pour calculer dès maintenant vos charges déductibles, utilisez notre calculateur charges déductibles. Pour démarrer un essai 7 jours sur ConvoyMax, voir la démo interactive.
